Digitalisation et Sécurité : le défi de la modernisation des infrastructures électriques à haute tension

Publié le 18 décembre 2023

Dans le domaine du transport d’énergie, les sous-stations numériques font évoluer la façon dont les réseaux électriques sont entretenus.

À titre d’exemple, des capteurs suivent les valeurs liées à l’exploitation des postes électriques à haute tension, telles que la durée de fonctionnement et les courants opérationnels.

Ils fournissent également des données sur leurs performances, ce qui nous permet de comprendre comment l’infrastructure vieillit avec le temps. Alors que la situation concernant les ressources – infrastructures à haute tension et équipes de maintenance – devient critique, la digitalisation nous apportera une aide très précieuse. Aux Pays-Bas, le gestionnaire de réseau TenneT travaille actuellement à la mise en conformité de ses sous-stations à la norme CEI 61850 (voir « Zoom sur ») qui régit l’exploitation des réseaux électriques intelligents.

En tant que prestataires, nous sommes confrontés à deux grandes difficultés :

  • Premièrement, nous devons procéder à la modernisation des sous-stations alors que celles-ci sont en service.
  • Deuxièmement – et c’est un défi majeur –, le marché manque de personnel qualifié, ce qui créera un véritable effet de goulot d’étranglement à l’avenir. 

De manière générale, les ingénieurs doivent disposer de connaissances dans les domaines des infrastructures à haute tension et des réseaux informatiques. Ce n’était pas le cas autrefois, où une connaissance approfondie des infrastructures à haute tension suffisait. Pour l’imager, cela revient à passer d’une ligne fixe traditionnelle à un smartphone, mais pour une infrastructure énergétique critique. Chez SPIE, nous répondons à ce défi en formant de nouvelles équipes de professionnels hautement qualifiés, capables d’aider nos clients à installer et à entretenir les nouvelles sous-stations. 

Nous proposons aussi des formations à nos clients avec pour objectif de leur donner, à long terme, les moyens d’effectuer eux-mêmes la maintenance de leurs infrastructures. Avec le déploiement d’infrastructures numériques, les gestionnaires de réseau vont devoir porter une attention accrue à la sécurité des données. En effet, les sous-stations numériques génèrent, stockent et transmettent d’importantes quantités de données sensibles concernant les réseaux, et celles-ci doivent être également sécurisées. C’est pourquoi nous travaillons à l’obtention, pour SPIE Nederland, de la certification ISO 27001 relative à la cybersécurité

La digitalisation promet des économies considérables en matière de maintenance et de ressources critiques.”
SINDHUJA VIJAYARAGHAVAN, Responsable au sein du département Station Automation, SPIE Nederland

Interview SINDHUJA VIJAYARAGHAVAN, responsable au sein du département Station Automation, SPIE Nederland. Elle explique la complexité de la digitalisation des sous-stations.

Je m'appelle Sindhuja Vijayaraghavan et j'appartiens à la division Smart Cities and Energies de SPIE Nederland. Je travaille dans l'unité « Postes à haute-tension », en charge de la réalisation de sous-stations moyenne et haute-tension complexes pour nos clients.
Quels sont vos défis sur le marché de la transmission et de la distribution (T&D) ?
Nous faisons face à deux grands défis. Le premier est l'état du réseau électrique, qui est saturé car tout le monde tente de s'y connecter pour fournir de l'énergie, ou de s'y connecter pour satisfaire certaines demandes, comme la recharge des voitures électriques. L'autre difficulté que nous rencontrons est le manque de personnel qualifié disposant des compétences requises pour étendre ou entretenir le réseau.
Comment contribuez-vous à la transformation digitale ?
Pour relever le défi de ce secteur, SPIE a créé une équipe qualifiée mobilisée dans la réalisation de sous-stations numériques. Celle-ci réunit des experts capables de conseiller les clients, ainsi que de concevoir et de mettre en œuvre des sous-stations numériques pour les clients afin de favoriser la transition énergétique. Quelle est la valeur ajoutée pour le secteur ? Grâce aux sous-stations numériques, nous sommes en mesure de recueillir davantage d'informations sur le terrain, ce qui nous permet de développer encore plus la maintenance prédictive. De cette manière, nous pourrons réduire la charge pesant sur le réseau et réduire la charge de travail du personnel qualifié nécessaire pour effectuer les travaux de maintenance.
Comment sécurisez-vous vos sous-stations ?
La collecte de plus en plus de données implique également d'en transférer davantage vers un site distant, ce qui doit aussi être effectué de manière sécurisée. C'est pourquoi nous mettons en œuvre des mesures de cybersécurité à tous les niveaux, de la certification ISO27001 au contrôle des accès selon le rôle de chacun dans nos sous-stations.